La violence conjugale : un mal à plusieurs visages

On réduit souvent, à tord, la violence à la violence physique.

En réalité, la violence, et en particulier la violence conjugale, peut prendre différents visages.

Violence conjugale : violence physique

La violence conjugale est qualifiée de physique lorsqu’elle se caractérise par des atteintes physiques au corps de la victime :

  • gifles,
  • coups de poing,
  • coups de pied,
  • griffures,
  • morsures,
  • strangulation,
  • brûlure de cigarette,
  • coups portés au moyen d’une ceinture,
  • utilisation d’armes à feu ou d’armes blanches
  • etc..

Le fait de bloquer le passage, de retenir de force, d’immobiliser, d’enfermer ou encore d’attacher son conjoint constitue aussi des formes de violence conjugale physique.

 
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Les violences conjugales physiques sont punies par la loi de plusieurs années d’emprisonnement et d’une amende pouvant atteindre 150 000 euros.

A savoir : en cas de décès de la victime, la peine peut être la réclusion criminelle à perpétuité.

Violence conjugale : violence psychologique

La violence conjugale est psychologique lorsqu’elle est constituée d’un harcèlement moral, d’insultes, de propos rabaissants et humiliants, de menaces, d’intimidations, d’un comportement autoritaire de la part de l’agresseur, d’un comportement paranoïaque de la part de l’agresseur etc.

Les violences psychologiques sont bien plus difficiles à définir et à évaluer que les violences physiques ou sexuelles.

Elles n’atteignent en effet pas forcément l’intégrité du corps de la victime et peuvent être très subtiles, insidieuses.

C’est sans doute la raison pour laquelle il s’agit du type de violence conjugale le plus méconnu et le moins bien renseigné.

La loi punit les violences conjugales psychologiques de sanctions pénales pouvant atteindre 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.

Violence conjugale : violence sexuelle

La violence conjugale sexuelle est la forme la plus cachée des formes de violences conjugales. Et non la moins dramatique pour les victimes. 

Pour certaines personnes, il s’agit pourtant à la limite d’une contradiction dans les termes : le lien conjugal n’implique-t-il pas le devoir conjugal, c’est-à-dire le devoir de relations sexuelles ?

Pourtant la violence conjugale sexuelle existe bel et bien et peut s’avérer très cruelle.

On parle de violence conjugale sexuelle dans les cas suivants :

  • harcèlements sexuels, actes sexuels contraints (sodomie, fellation etc.),
  • viols ou de tentatives de viols,
  • humiliations durant les rapports sexuels (injures, insultes, positions dégradantes non consenties),
  • obligations imposées par le conjoint de regarder ou de réaliser des contenus photos ou vidéos de nature pornographique,
  • obligations imposées par le conjoint d’exercer des actes de prostitution,
  • obligations imposées par le conjoint d’avoir des relations sexuelles avec d’autres partenaires,
  • agression durant l’acte sexuel (morsures des seins, pénétration violente, ligotage, coups etc.),
  • etc...

Plus généralement, il y a violence conjugale sexuelle dès lors que l’un des conjoints impose à son conjoint une pratique sexuelle non consentie.

L’auteur d’un viol conjugal peut être condamné à 20 ans de prison. Le harcèlement sexuel peut quant à lui être puni d’une sanction de 2 ans de prison et de 30 000 euros d’amende.

Marié, concubin, pacsé, la violence conjugale est partout

On parle de violence conjugale, lorsqu’une personne exerce une violence sur son époux ou son épouse, son ex-époux ou son ex-épouse, son partenaire de Pacs ou son ex-partenaire de Pacs, son concubin ou sa concubine, son petit ami ou sa petite amie.

Autrement dit, la violence conjugale ne concerne pas seulement les couples mariés. « Conjugale » dans l’expression « violence conjugale » ne renvoie donc pas à un statut conjugal particulier.

Remarque : on estime qu’en moyenne la moitié des violences conjugales ont lieu au sein de couples mariés. Pour l’autre moitié, il s’agit donc de couples vivant en concubinage, pacsés, séparés, divorcés ou en union libre.

La maltraitance des enfants au sein d'une famille

On estime que dans 80% des cas, l’enfant est exposé aux violences conjugales, soit de manière directe (comme témoins des scènes de violence), soit de manière indirecte (comme témoins des multiples conséquences des violences conjugales).

Les enfants peuvent également être directement victimes des violences conjugales (et non seulement témoins) : chaque année entre 10 et 15 enfants perdent la vie à cause de violences exercées sur eux par leurs parents et entre 20 et 25 enfants sont tous les ans témoins d’un crime conjugal.