Tableau 57 : une classification des maladies professionnelles

La reconnaissance du caractère professionnel d'une maladie doit être établie par la caisse d'assurance maladie. Pour ce faire, des tableaux correspondant à certaines pathologies liées à des postures, répétitions de postures ou mouvements spécifiques ont été établis.

Ils permettent une meilleure appréhension des situations à risque et font figure de référence dans le classement en maladie professionnelle.

Grâce à eux, employeurs, employés et personnels habilités à la santé et à la sécurité sur leurs lieux de travail peuvent établir des plans de prévention.

 
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Maladie professionnelle et tableau 57

Il existe plusieurs tableaux des maladies professionnelles. Le tableau N° 57 est issu du décret N°2012-937 du 1 er août 2012, date de sa dernière révision. Il est initialement décrété en 1972.

Il définit et classifie les affections périarticulaires provoquées par certains gestes et certaines postures au travail.

Il est à noter qu'un salarié peut demander une reconnaissance de maladie professionnelle au titre de plusieurs tableaux simultanés. 

Les informations contenues dans le tableau 57

Le tableau N° 57 des maladies professionnelles recense les postures, angles de mouvements et temps de maintien de ces postures ou de ces angles qui sont préjudiciables à la santé et à la sécurité des salariés. Ils sont des facteurs de survenue de maladies professionnelles uniques ou chroniques.

Il définit un délai de prise en charge allant de 7 jours à un an. Il classe les affections par groupe articulaire au sein desquels se déclinent des pathologies précises.

Le groupe A concerne l'épaule. Deux pathologies y sont associées : les tendinopathies (souffrance d'un tendon entrainant une limitation voire une incapacité à sa mobilisation) sont les plus classiques.

Elles imposent, en plus d'anti-inflammatoire locaux ou systémiques, une interruption des sollicitations. Tant que le tendon inflammé est sollicité, il ne peut y avoir de rémission complète.

Dans ce groupe A on trouve enfin la rupture partielle des tendons de la coiffe de l'articulation. 

Le groupe B concerne le coude avec des pathologies allant de la tendinopathie à l'épanchement inflammatoire ou le syndrome calanaire (étroitesse du canal dû à une déformation, de l'arthrose par exemple).

Dans le groupe C du tableau N°57 se trouvent les maladies professionnelles liées au poignet, à la main ou au doigt. Tendinites, inflammation du canal carpien, syndrome de la loge de Guyon (compression du nerf cubital au poignet) ou encore Ténosynovite (co-inflammation du tendon et de sa gaine de synovie).

Le groupe D se focalise sur les maladies professionnelles liées au genou : compression du nerf sciatique, bursite (ou hygroma, qui est une inflammation de la poche de synovie), tendinites y sont catégorisées.

Enfin, le groupe E concerne la cheville et le pied, avec des maladies telles que les tendinites.

A qui s'adresse le tableau 57 ? 

Ce tableau et sa connaissance sont importants pour l'employeur, les salariés qui, dans leur cadre habituel de travail sont susceptibles d'être victimes de maladies professionnelles périarticulaires, et enfin aux membres du CHSCT qui œuvrent pour la mise en place d'une politique de prévention de santé et de sécurité professionnel.

L'employeur peut réaliser et prendre en compte par exemple, que le travail de maintien au niveau de l'épaule avec un angle de 60° ou plus pendant 3h30 par jour peut mener à une tendinite au niveau des épaules.

Il peut donc en concertation avec les employés, trouver des solutions pour limiter ces travaux ou les répartir entre plusieurs équipes, et ainsi éviter la survenue de maladie professionnelle pénalisante pour son activité.